Mon papa, notre papi, notre tonton Yves, notre ami,
tu as eu un parcours de vie hors du commun.
Yves est né à RIVOLI, en Algérie le 16 octobre 1934, 8ième enfant d’une fratrie de 9.
Très jeune, il est confronté à la perte de sa maman. C’est sa sœur aînée qui élèvera alors la fratrie, dans un esprit de solidarité et de courage qui marquera profondément Yves et façonnera l’homme qu’il deviendra.
Dès son plus jeune âge, Yves révélait déjà des talents d’artiste. A l’école, son sens du dessin et sa créativité étaient remarqués. Il fut d’ailleurs retenu pour réaliser la fresque du préau de son collège.
Cette sensibilité discrète mais profonde, l’a accompagné tout au long de sa vie. Il a réalisé de nombreux tableaux, construit des pataouètes, des grandes créatures pour le Carnaval, les personnages de la Crèche de Gagny….
Comme son père et ses 3 frères, François, René et Jean-Claude, il deviendra naturellement Boucher Charcutier.
Mais Yves avait aussi une autre passion : le football.
Attaquant talentueux, il devient l’un des meilleurs éléments de l’ISM et sera sélectionné à plusieurs reprises dans les équipes d’Oranie. Sur le terrain, il était combatif, généreux, animé par le goût de l’effort et du collectif.
Entre 1955 et 1957, il effectue son service militaire comme artilleur au 66ième régiment d’infanterie, à la caserne d’Eckmül, avant d’être affecté au CM17 comme chauffeur du Colonel.
Ce dernier compréhensif et admiratif de son engagement sportif lui accordait régulièrement des permissions afin qu’il puisse continuer à jouer. Et bien sûr, Yves ne revenait pas les mains vides au campement au grand plaisir de l’officier et de ses camarades.
Après sa libération, il reprend ses tournées de boucher dans les villages autour de Rivoli, rencontre la femme de sa vie, Josette, jusqu’à l’exode de 1962.
Cette année-là, il s’installe à Gagny, où il ouvrira l’année suivante sa boucherie, avenue Jean Jaurès. Très vite, son commerce devient un lieu incontournable.
Ses merguez, ses plats cuisinés acquièrent une réputation exceptionnelle.
On venait de loin pour les goûter.
A travers son savoir-faire, il partageait bien plus que de la nourriture : il offrait de la convivialité, du plaisir et un véritable sens du partage.
Il y exercera jusqu’à sa retraite, prise à l’âge de 66 ans, en l’an 2000.
Mais Yves ne savait pas rester inactif.
Leader naturel, organisateur infatigable, il s’investit pleinement dans le monde associatif, aussi bien sportif que culturel.
Sans lui, il n’y aurait pas eu :
• L’USMG Football, champion de la ligue
• L’ARFORG, dont il fut le président ses grandes fêtes du Printemps, rassemblant des milliers de pied-noir, autour de méchouis inoubliables au château d’Esbly.
• Les anciens de l’ISM et les rencontres annuelles.
• Les chars décorés pour Carnaval,
• L’association des commerçants et la grande Braderie.
• Les pèlerinages à Nîmes, à Notre Dame de Santa Cruz.
• La crèche de Gagny sur l’emplacement de l’ancienne station-service.
• La fête des Vendanges
En 1982, lors des troisièmes retrouvailles des Diables Rouges à Gagny, il reçoit la médaille de l’Ordre National du Mérite, en reconnaissance de décennies de services rendus à la vie associative.
Une distinction pleinement méritée pour un homme qui a tant donné sans jamais compter.
Souvent organisateur, Yves était un rassembleur, un homme qui savait créer du lien et faire vivre la mémoire collective.
Yves vivait aussi entouré de l’amour de sa famille. Il était le grand-père de Kévin, Luc, Serge, Marie et arrière-grand-père de Lya, Luis, et Adam.
En 2006, et en 2014, Yves a traversé l’épreuve immense de la perte de son fils, puis de son épouse Josette, tous deux emportés par la maladie.
Ces blessures profondes, il les a portées avec une grande dignité. Il a continué à avancer, fidèle à ses valeurs, trouvant dans l’engagement, la création, et le lien aux autres la force de tenir debout.
Depuis 2022, Yves s’est installé près de sa fille et de son petit-fils à Toulouse. Il y était entouré, accompagné et aimé.
Même en EHPAD, il est resté fidèle à lui-même. Il a su recréer du lien, échanger, comme il l’avait toujours fait tout au long de sa vie.
A l’homme de cœur, au bâtisseur, au sportif, au bénévole, au père, au grand-père, à travers nos mots, nos souvenirs, et notre présence aujourd’hui, Papa apparait comme un homme profondément aimé et respecté, et c’est cet amour qui continuera de le faire vivre parmi nous.
Il laisse derrière lui une empreinte profonde, faite d’engagement, de générosité, et de fidélité à ses valeurs.
Papa nous a transmis l’entraide, la solidarité et le goût d’être ensemble pour avancer.